Forum de l'Anthologie

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 Reprendrez-vous un peu de poésie ?

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Alpha
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MessageSujet: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Lun 2 Jan à 19:26

Je ne sais si c'est la saison, mais je me replonge un peu dans la poésie en ce moment, et il m'est venu l'idée de vous faire partager mes petites préférences... En esperant pouvoir en découvrir d'autres en retour !
Et pour commencer, pour faire écho à un autre post, Rudyard Kipling !

If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you,
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting,
Or being lied about, don't deal in lies,
Or being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise:

If you can dream-and not make dreams your master;
If you can think-and not make thoughts your aim;
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two imposters just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to, broken,
And stoop and build 'em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: "Hold on!"

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with Kings-nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds' worth of distance run,
Yours is the Earth and everything that's in it,
And-which is more-you'll be a Man, my son!


Une seule chose à ajouter : Enjoy ! I love you
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Nemo
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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Lun 2 Jan à 20:06

Trés beau texte en tout cas ! ( et put*** de bor*** de me*** je trouverais qui s'est qui chante ce texte en francais !!! cf le quizz musical ! )

je suis pas trés callé en poésie anglophone. Ceci dit, les poèmes de Lennon ( oui ! oui ! il a pas que fais de la chanson ! il a fait des poèmes aussi ) me font toujours rire, c'est assez surréaliste ce qu'il écrit. et Parfois trés violent et assez atroce, il tue tout ces personnage dans son premier livre.

Good Dog Nigel est un bon exemple de ca

Arf, Arf, he goes, a merry sight,
Our hairy little friend,
Arf, Arf, upon the lampost bright
Arfing round the bend.
Nice dog! Goo boy,
Waggie tail and beg,
Clever Nigel, jump for joy
Because we're putting you to sleep at three of the clock, Nigel.


ca c'est plus rigolo déjà :

Alec Speaking

He is putting it lithely when he says
Quobble in the Grass,
Strab he down the soddieflays
Amo amat amass;
Amonk amink a minibus,
Amarmylaidie Moon,
Amikky mendip multiplus
Amighty midgey spoon.
And so I traddled onward
Careing not a care
Onward, Onward, Onward.
Onward, my friends to victory and glory for the thrityninth.


Bon l'anglais de Lennon est particulier il y a pas mal de jeux de mots c'est donc parfois tordu a comprendre ( même parfois incompréhensible ! ) d'ailleur les traduction francais le précise " tentative de traduction ! " donc si vous ne comprenez pas c'est normale !!

Sinon chez les auteurs francais je vous avourais mon grand amour pour les oeuvres de Prevert !! ha " le cancre "!! me demander pas pourquoi je l'aime ! Very Happy

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Alpha
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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Mar 3 Jan à 3:23

Je connaissais pas du tout, il joue beaucoup sur l'assonnance dans le second, c'est plaisant à écouter mais absolument incompréhensible ! :p
Pour le premier, no comment et total respect.
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Emi
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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Ven 6 Jan à 19:03

Non mais j'en ai marre de traduire ! J'aime beaucoup le très connu Barbara, trop long à restituer ici. Et pi tout le monde le connaît. J'aime bien son ambiance et son émotion.
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Emi
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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Ven 6 Jan à 19:16

Il y en a un que j'adore aussi, je ne sais pas s'il est anonyme ou si j'ai perdu l'auteur en route :

Mon âme a son secret, ma vie a son mystère:
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire,
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.

Hélas ! J'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire,
Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre,
Elle ira son chemin, distraite, et sans entendre
Ce murmure d'amour élevé sur ses pas.

A l'austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle :
"Quelle est donc cette femme ?" et ne comprendra pas.
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Emi
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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Ven 6 Jan à 19:54

Je sais que celui là est bateau, mais ça fait pas de mal ...

Le Cancre

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu'il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec les craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur

Jacques Prévert



Citations de Prévert

Dans chaque église, il y a toujours quelque chose qui cloche.
---
Notre Père qui êtes aux cieux
Restez-y
---
Fort heureusement, chaque réussite est l'échec d'autre chose.
---
Il n'y a pas de problème, il n'y a que des professeurs.
---
Le temps mène la vie dure à ceux qui veulent le tuer.
---
La vie est une cerise
La mort est un noyau
L'amour un cerisier.
---
Mangez sur l'herbe
Dépêchez-vous
Un jour ou l'autre
L'herbe mangera sur vous.
---
Bien sûr, des fois, j'ai pensé mettre fin à mes jours,
mais je ne savais jamais par lequel commencer.
---
Moi, fonctionnaire de la vie, je touche mon salaire et
de jour et de nuit; l'heure me paie, les années me
ruinent et déjà me remercient.
---
Comme cela nous semblerait flou
inconsistant et inquiétant
une tête de vivant
s'il n'y avait pas une tête de mort dedans.
---
Les sorciers lorsqu'ils font de terrifiantes conneries, on accuse toujours l'apprenti.
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Alpha
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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Ven 6 Jan à 21:39

Alphonse de Lamartine :

Le livre de la vie est le livre supreme
Que l'on ne peut ni fermer ni rouvrir à son choix
Le passage attachant ne s'y lit pas deux fois
Mais le feuillet fatal se tourne de lui meme
On voudrait revenir à la page ou l'on aime
Et la page ou l'on meurt est déja sous nos doigts
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Yuna
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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Mar 10 Jan à 13:47

en ce qui me concerne jm les poemes de Rimbaud et surtout le dormeur du val ou encore sensation
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NapalmMan
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MessageSujet: Rimbaud   Ven 13 Jan à 21:14

Par les soirs bleus d'été j'irais dans les sentiers
picoté par les blés, fouler l'herbe menue
Rêveur, j'en sentirais la fraîcheur à mes pieds
Je laisserais le vent baigner ma tête nue

Je ne parlerais pas, je ne penserais rien
Mais l'amour infini me montera dans l'âme
Et j'irais loin, bien loin, comme un bohémien
Par la nature- heureux comme avec une femme

Rimbaud

(Récité de mémoire s'il vous plait)
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La Laitue En Pot
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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Sam 14 Jan à 20:53

Chouette, ça va bien avec ton avatar... ^^

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Emi
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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Dim 15 Jan à 15:02

Il s'agit de sensation si je ne m'abuse ? Magnifique.
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Emi
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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Dim 15 Jan à 15:04

Il me semble logique alors d'évoquer Verlaine :

Sagesse I - XXI

Va ton chemin sans plus t'inquiéter !
La route est droite et tu n'as qu'à monter
Portant d'ailleurs le seul trésor qui vaille
Et l'arme unique au cas d'une bataille,
La pauvreté d'esprit et Dieu pour toi.

Surtout il faut garder toute espérance.
Qu'importe un peu de nuit et de souffrance ?
La route est bonne et la mort est au bout
Oui, garde toute espérance surtout.
La mort là-bas te dresse un lit de joie.

Et fais-toi doux de toute la douceur.
La vie est laide, encore c'est ta sœur.
Simple, gravis la côte et même chante
Pour écarter la prudence méchante
Dont la voix basse est pour tenter ta foi.

Simple comme un enfant, gravis la côte,
Humble comme un pécheur qui hait la faute,
Chante, et même sois gai, pour défier
L'ennui que l'ennemi peut t'envoyer
Afin que tu t'endormes sur la voie.

Ris du vieux piège et du vieux séducteur,
Puisque la Paix est là, sur la hauteur,
Qui luit parmi des fanfares de gloire.
Monte, ravi, dans la nuit blanche et noire,
Déjà l'Ange Gardien étend sur toi

Joyeusement des ailes de victoire.

Paul Verlaine
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Mégalo
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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Sam 28 Jan à 14:04

Comme quoi!Mon coté Verlaine que nul ne connait ....

nevermore

Souvenir, souvenir, que me veux-tu? L'automne
Faisait voler la grive à travers l'air atone,
Et le soleil dardait un rayon monotone
Sur le bois jaunissait ou la bise detone.

Nous etions seul a seule et machions en revant,
Elle et moi les cheveux et la pensee au vent.
Soudain, tournant vers moi son regard emouvant:
"Quel fut ton plus beau jour?" fit sa voix d'or vivant,

Sa voix douce et sonore, au frais timbre angelique.
Un sourire discret lui donna la réplique,
Et je lui baisait sa main blanche, devotement.

-Ah! les premieres fleurs qu'elles sont parfumees
Et qu'il bruit avec un murmure charmant
Le premier oui qui sort de levres bien-aimées!

Verlaine

Qui a dit que le romantisme n'existe plus de nos jour et que les S ne savent pas s'interresser a autre chose qu' aux maths Question


Dernière édition par le Sam 28 Jan à 18:51, édité 1 fois
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Yuna
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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Sam 28 Jan à 14:38

C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil de la montagne fière,
Luit; C'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pale dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement: il a froid.

Les parfums ne font plus frissonner sa narine;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au coté droit.
==> mon poème préféré de Rimbaud
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Nemo
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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Ven 10 Fév à 15:31

Parce que la poèsie c'est etre un peu plus terrestre aussi ! Un petit poème galant de l'abbé Lateignant ( celui qui a écrit " j'ai du bon tabac " ! ) Devinez ce qu'est le mot et ce qu'est la chose !

Madame, quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose ?
On vous a dit souvent le mot,
On vous a souvent fait la chose.
Ainsi, de la chose et du mot
Pouvez-vous dire quelque chose.
Et je gagerai que le mot
Vous plaît beaucoup moins que la chose !

Pour moi, voici quel est mon mot
Et sur le mot et sur la chose :
J'avouerai que j'aime le mot,
J'avouerai que j'aime la chose :
Mais, c'est la chose avec le mot
Et c'est le mot avec la chose ;
Autrement, la chose et le mot
A mes yeux seraient peu de chose.

Je crois même, en faveur du mot,
Pouvoir ajouter quelque chose,
Une chose qui donne au mot
Tout l'avantage sur la chose :
C'est qu'on peut dire encor le mot
Alors qu'on ne peut plus la chose...
Et, si peu que vaille le mot,
Enfin, c'est toujours quelque chose !...

De là, je conclus que le mot
Doit être mis avant la chose,
Que l'on doit n'ajouter un mot
Qu'autant que l'on peut quelque chose
Et que, pour le temps où le mot
Viendra seul, hélas, sans la chose,
Il faut se réserver le mot
Pour se consoler de la chose !

Pour vous, je crois qu'avec le mot
Vous voyez toujours autre chose :
Vous dites si gaiement le mot,
Vous méritez si bien la chose,
Que, pour vous, la chose et le mot
Doivent être la même chose...
Et, vous n'avez pas dit le mot,
Qu'on est déjà prêt à la chose.

Mais, quand je vous dis que le mot
Vaut pour moi bien plus que la chose
Vous devez me croire, à ce mot,
Bien peu connaisseur en la chose
Eh bien, voici mon demier mot
Et sur le mot et sur la chose :
Madame, passez-moi le mot...
Et je vous passerai la chose !

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Nemo
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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Sam 1 Avr à 17:50

Howl
For Carl Solomon

I


I saw the best minds of my generation destroyed by madness, starving hysterical naked,

dragging themselves through the negro streets at dawn looking for an angry fix,

angelheaded hipsters burning for the ancient heavenly connection to the starry dynamo in the machinery of night,

who poverty and tatters and hollow-eyed and high sat up smoking in the supernatural darkness of cold-water flats floating across the tops of cities contemplating jazz,

who bared their brains to Heaven under the El and saw Mohammedan angels staggering on tenement roofs illuminated,

who passed through universities with radiant eyes hallucinating Arkansas and Blake-light tragedy among the scholars of war,

who were expelled from the academies for crazy & publishing obscene odes on the windows of the skull,

who cowered in unshaven rooms in underwear, burning their money in wastebaskets and listening to the Terror through the wall,

who got busted in their pubic beards returning through Laredo with a belt of marijuana for New York,

who ate fire in paint hotels or drank turpentine in Paradise Alley, death, or purgatoried their torsos night after night

with dreams, with drugs, with waking nightmares, alcohol and cock and endless balls,

incomparable blind streets of shuddering cloud and lightning in the mind leaping towards poles of Canada & Paterson, illuminating all the motionless world of Time between,

Peyote solidities of halls, backyard green tree cemetery dawns, wine drunkenness over the rooftops, storefront boroughs of teahead joyride neon blinking traffic light, sun and moon and tree vibrations in the roaring winter dusks of Brooklyn, ashcan rantings and kind king light of mind,

who chained themselves to subways for the endless ride from Battery to holy Bronx on benzedrine until the noise of wheels and children brought them down shuddering mouth-wracked and battered bleak of brain all drained of brilliance in the drear light of Zoo,

who sank all night in submarine light of Bickford's floated out and sat through the stale beer afternoon in desolate Fugazzi's, listening to the crack of doom on the hydrogen jukebox,

who talked continuously seventy hours from park to pad to bar to Bellevue to museum to the Brooklyn Bridge,

a lost batallion of platonic conversationalists jumping down the stoops off fire escapes off windowsills off Empire State out of the moon

yacketayakking screaming vomiting whispering facts and memories and anecdotes and eyeball kicks and shocks of hospitals and jails and wars,

whose intellects disgorged in total recall for seven days and nights with brilliant eyes, meat for the Synagogue cast on the pavement,

who vanished into nowhere Zen New Jersey leaving a trail of ambiguous picture postcards of Atlantic City Hall,

suffering Eastern sweats and Tangerian bone-grindings and migraines of China under junk-withdrawal in Newark's bleak furnished room,

who wandered around and around at midnight in the railway yard wondering where to go, and went, leaving no broken hearts,

who lit cigarettes in boxcars boxcars boxcars racketing through snow toward lonesome farms in grandfather night,

who studied Plotinus Poe St John of the Cross telepathy and bop kabbalah because the universe instinctively vibrated at their feet in Kansas,

who loned it through the streets of Idaho seeking visionary indian angels who were visionary indian angels,

who thought they were only mad when Baltimore gleamed in supernatural ecstasy,

who jumped in limousines with the Chinaman of Oklahoma on the impulse of winter midnight streetlight smalltown rain,

who lounged hungry and lonesome through Houston seeking jazz or sex or soup, and followed the brilliant Spaniard to converse about America and Eternity, a hopeless task, and so took ship to Africa,

who disappeared into the volcanoes of Mexico leaving nothing behind but the shadow of dungarees and the larva and ash of poetry scattered in fireplace Chicago,

who reappeared on the West Coast investigating the FBI in beards and shorts with big pacifist eyes sexy in their dark skin passing out incomprehensible leaflets,

who burned cigarette holes in their arms protesting the narcotic tobacco haze of Capitalism, who distributed Supercommunist pamphlets in Union Square weeping and undressing while the sirens of Los Alamos wailed them down, and wailed down Wall, and the Staten Island ferry also wailed,

who broke down crying in white gymnasiums naked and trembling before the machinery of other skeletons,

who bit detectives in the neck and shrieked with delight in policecars for committing no crime but their own wild cooking pederasty and intoxication,

who howled on their knees in the subway and were dragged off the roof waving genitals and manuscripts,

who let themselves be fucked in the ass by saintly motorcyclists, and screamed with joy,

who blew and were blown by those human seraphim, the sailors, caresses of Atlantic and Caribbean love,

who balled in the morning in the evenings in rosegardens and the grass of public parks and cemeteries scattering their semen freely to whomever come who may,

who hiccuped endlessly trying to giggle but wound up with a sob behind a partition in a Turkish Bath when the blond & naked angel came to pierce them with a sword,

who lost their loveboys to the three old shrews of fate the one eyed shrew of the heterosexual dollar the one eyed shrew that winks out of the womb and the one eyed shrew that does nothing but sit on her ass and snip the intellectual golden threads of the craftsman's loom,

who copulated ecstatic and insatiate and fell off the bed, and continued along the floor and down the hall and ended fainting on the wall with a vision of ultimate cunt and come eluding the last gyzym of consciousness,

who sweetened the snatches of a million girls trembling in the sunset, and were red eyed in the morning but were prepared to sweeten the snatch of the sunrise, flashing buttocks under barns and naked in the lake,

who went out whoring through Colorado in myriad stolen night-cars, N.C., secret hero of these poems, cocksman and Adonis of Denver—joy to the memory of his innumerable lays of girls in empty lots & diner backyards, moviehouses' rickety rows, on mountaintops in caves or with gaunt waitresses in familiar roadside lonely petticoat upliftings & especially secret gas-station solipsisms of johns, & hometown alleys too,

who faded out in vast sordid movies, were shifted in dreams, woke on a sudden Manhattan, and picked themselves up out of basements hungover with heartless Tokay and horrors of Third Avenue iron dreams & stumbled to unemployment offices,

who walked all night with their shoes full of blood on the snowbank docks waiting for a door in the East River to open full of steamheat and opium,

who created great suicidal dramas on the appartment cliff-banks of the Hudson under the wartime blue floodlight of the moon & their heads shall be crowned with laurel in oblivion,

who ate the lamb stew of the imagination or digested the crab at the muddy bottom of the rivers of the Bowery,

who wept at the romance of the streets with their pushcarts full of onions and bad music,

who sat in boxes breathing in the darkness under the bridge, and rose up to build harpsichords in their lofts, who coughed on the sixth floor of Harlem crowned with flame under the tubercular sky surrounded by orange crates of theology,

who scribbled all night rocking and rolling over lofty incantations which in the yellow morning were stanzas of gibberish,

who cooked rotten animals lung heart feet tail borsht & tortillas dreaming of the pure vegetable kingdom,

who plunged themselves under meat trucks looking for an egg,

who threw their watches off the roof to cast their ballot for an Eternity outside of Time, & alarm clocks fell on their heads every day for the next decade,

who cut their wrists three times successfully unsuccessfully, gave up and were forced to open antique stores where they thought they were growing old and cried,

who were burned alive in their innocent flannel suits on Madison Avenue amid blasts of leaden verse & the tanked-up clatter of the iron regiments of fashion & the nitroglycerine shrieks of the fairies of advertising & the mustard gas of sinister intelligent editors, or were run down by the drunken taxicabs of Absolute Reality,

who jumped off the Brooklyn Bridge this actually happened and walked away unknown and forgotten into the ghostly daze of Chinatown soup alleyways & firetrucks, not even one free beer,

who sang out of their windows in despair, fell out of the subway window, jumped in the filthy Passaic, leaped on negroes, cried all over the street, danced on broken wineglasses barefoot smashed phonograph records of nostalgic European 1930s German jazz finished the whiskey and threw up groaning into the bloody toilet, moans in their ears and the blast of colossal steamwhistles,

who barreled down the highways of the past journeying to each other's hotrod-Golgotha jail-solitude watch Birmingham jazz incarnation,

who drove crosscountry seventytwo hours to find out if I had a vision or you had a vision or he had a vision to find out Eternity,

who journeyed to Denver, who died in Denver, who came back to Denver & waited in vain, who watched over Denver & brooded & loned in Denver and finally went away to find out the Time, & now Denver is lonesome for her heroes,

who fell on their knees in hopeless cathedrals praying for each other's salvation and light and breasts, until the soul illuminated its hair for a second,

who crashed through their minds in jail waiting for impossible criminals with golden heads and the charm of reality in their hearts who sang sweet blues to Alcatraz,

who retired to Mexico to cultivate a habit, or Rocky Mount to tender Buddha or Tangiers to boys or Southern Pacific to the black locomotive or Harvard to Narcissus to Woodlawn to the daisychain or grave,

who demanded sanity trials accusing the radio of hypnotism & were left with their insanity & their hands & a hung jury,

who threw potato salad at CCNY lecturerson Dadaism and subsequently presented themselves on the granite steps of the madhouse with the shaven heads and harlequin speech of suicide, demanding instantaneous lobotomy,

and who were given instead the concrete void of insulin Metrazol electricity hydrotherapy psychotherapy occupational therapy pingpong & amnesia,

who in humorless protest overturned only one symbolic pingpong table, resting briefly in catatonia,

returning years later truly bald except for a wig of blood, and tears and fingers, to the visible madman doom of the wards of the madtowns of the East,

Pilgrim State's Rockland's and Greystone's foetid halls, bickering with the echoes of the soul, rocking and rolling in the midnight solitude-bench dolmen-realms of love, dream of life a nightmare, bodies turned to stone as heavy as the moon,

with mother finally *****, and the last fantastic book flung out of the tenement window, and the last door closed at 4 A.M. and the last telephone slammed at the wall in reply and the last furnished room emptied down to the last piece of mental furniture, a yellow paper rose twisted on a wire hanger on the closet, and even that imaginary, nothing but a hopeful little bit of hallucination—

ah, Carl, while you are not safe I am not safe, and now you're really in the total animal soup of time—

and who therefore ran through the icy streets obsessed with a sudden flash of the alchemy of the use of the ellipse the catalog the meter & the vibrating plane,

who dreamt and made incarnate gaps in Time & Space through images juxtaposed, and trapped the archangel of the soulbetween 2 visual images and joined the elemental verbs and set the noun and dash of consciousness together jumping with sensation of Pater Omnipotens Aeterna Deus

to recreate the syntax and measure of poor human prose and stand before you speechless and intelligent and shaking with shame, rejected yet confessing out the soul to conform to the rhythm of thought in his naked and endless head,

the madman bum and angel beat in Time, unknown, yet putting down here what might be left to say in time come after death,

and rose incarnate in the ghostly clothes of jazz in the goldhorn shadow of the band and blew the suffering of America's naked mind for love into an eli eli lamma lamma sabacthani saxophone cry that shivered the cities down to the last radio

with the absolute heart of the poem butchered out of their own bodies good to eat a thousand years.

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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Sam 1 Avr à 17:50

II


What sphinx of cement and aluminium bashed open their skulls and ate up their brains and imagination?

Moloch! Solitude! Filth! Ugliness! Ashcans and unobtainable dollars! Children screaming under the stairways! Boys sobbing in armies! Old men weeping in the parks!

Moloch! Moloch! Nightmare of Moloch! Moloch the loveless! Mental Moloch! Moloch the heavy judger of men!

Moloch the incomprehensible prison! Moloch the crossbone soulless jailhouse and Congress of sorrows! Moloch whose buildings are judgement! Moloch the vast stone of war! Moloch the stunned governments!

Moloch whose mind is pure machinery! Moloch whose blood is running money! Moloch whose fingers are ten armies! Moloch whose breast is a cannibal dynamo! Moloch whose ear is a smoking tomb!

Moloch whose eyes are a thousand blind windows! Moloch whose skyscrapers stand in the long streets like endless Jehovas! Moloch whose factories dream and choke in the fog! Moloch whose smokestacks and antennae crown the cities!

Moloch whose love is endless oil and stone! Moloch whose soul is electricity and banks! Moloch whose poverty is the specter of genius! Moloch whose fate is a cloud of sexless hydrogen! Moloch whose name is the Mind!

Moloch in whom I sit lonely! Moloch in whom I dream angels! Crazy in Moloch! Cocksucker in Moloch! Lacklove and manless in Moloch!

Moloch who entered my soul early! Moloch in whom I am a consciousness without a body! Moloch who frightened me out of my natural ecstasy! Moloch whom I abandon! Wake up in Moloch! Light streaming out of the sky!

Moloch! Moloch! Robot apartments! invisable suburbs! skeleton treasuries! blind capitals! demonic industries! spectral nations! invincible madhouses! granite cocks! monstrous bombs!

They broke their backs lifting Moloch to Heaven! Pavements, trees, radios, tons! lifting the city to Heaven which exists and is everywhere about us!

Visions! omens! hallucinations! miracles! ecstacies! gone down the American river!

Dreams! adorations! illuminations! religions! the whole boatload of sensitive bullshit!

Breakthroughs! over the river! flips and crucifixions! gone down the flood! Highs! Epiphanies! Despairs! Ten years' animal screams and suicides! Minds! New loves! Mad generation! down on the rocks of Time!

Real holy laughter in the river! They saw it all! the wild eyes! the holy yells! They bade farewell! They jumped off the roof! to solitude! waving! carrying flowers! Down to the river! into the street!


III

Carl Solomon! I'm with you in Rockland

where you're madder than I am

I'm with you in Rockland

where you must feel strange

I'm with you in Rockland

where you imitate the shade of my mother

I'm with you in Rockland

where you've murdered your twelve secretaries

I'm with you in Rockland

where you laugh at this invisible humour

I'm with you in Rockland

where we are great writers on the same dreadful typewriter

I'm with you in Rockland

where your condition has become serious and is reported on the radio

I'm with you in Rockland

where the faculties of the skull no longer admit the worms of the senses

I'm with you in Rockland

where you drink the tea of the breasts of the spinsters of Utica

I'm with you in Rockland

where you pun on the bodies of your nurses the harpies of the Bronx

I'm with you in Rockland

where you scream in a straightjacket that you're losing the game of actual pingpong of the abyss

I'm with you in Rockland

where you bang on the catatonic piano the soul is innocent and immortal it should never die ungodly in an armed madhouse

I'm with you in Rockland

where fifty more shocks will never return your soul to its body again from its pilgrimage to a cross in the void

I'm with you in Rockland

where you accuse your doctors of insanity and plot the Hebrew socialist revolution against the fascist national Golgotha

I'm with you in Rockland

where you will split the heavens of Long Island and resurrect your living human Jesus from the superhuman tomb

I'm with you in Rockland

where there are twentyfive thousand mad comrades all together singing the final stanzas of the Internationale

I'm with you in Rockland

where we hug and kiss the United States under our bedsheets the United States that coughs all night and won't let us sleep

I'm with you in Rockland

where we wake up electrified out of the coma by our own souls' airplanes roaring over the roof they've come to drop angelic bombs the hospital illuminates itself imaginary walls collapse O skinny legions run outside O starry-spangled shock of mercy the eternal war is here O victory forget your underwear we're free

I'm with you in Rockland

in my dreams you walk dripping from a sea-journey on the highway across America in tears to the door of my cottage in the Western night


Allen Ginsberg

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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Ven 11 Juil à 6:23

je voulais faire partager un poème a une autre anthologienne, mais je vient de m'apercevoir que c'est celui qui ouvrait ce topic....
Mais comme il est en anglais je vais me contenter de donner la traduction:

Pour Valesco...


Tu seras un homme, mon fils

Tu seras un homme, mon fils.
Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et, sans dire un seul mot te remettre à bâtir
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir.

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre.

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter les sôts,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot.

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi.

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître
Penser, sans n'être qu'un penseur.

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant.

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front.
Si tu peux conserver ton courage et ta tête,
Quand tous les autres la perdront.

Alors, les rois, les dieux, la chance et la victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les rois et la gloire,

Tu seras un homme, mon fils.


Rudyard Kipling


Ma grande question de toujours..... et pourquoi y a pas la même chose pour les filles???? C'est pas du tout que je soit féministe mais c'est un beau poème non? Et un beau modèle de vie, alors ce serait bien qu'on en est un aussi.

Ou alors il faut prendre le mot HOMME au sens universel, et fils aussi.
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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Ven 11 Juil à 6:25

Bon ba puisque je suis la,
je vais en profiter pour vous en faire découvrir un autre:


DES ENFANTS
Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit:
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier. Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l'Archer soit pour la joie;
Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable.

Khalil Gibran

c'est un texte que devrait lire tous les parents.
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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Lun 21 Juil à 14:58

On est toujours dans la poèsie, même si c'est un peu particulier.

JULIETTE. - ô Roméo ! Roméo ! pourquoi es-tu Roméo ?
Renie ton père et abdique ton nom ; ou, si tu ne le veux pas, jure de m'aimer, et je ne serai plus une Capulet.

ROMÉO,
à part. - Dois-je l'écouter encore ou lui répondre ?

JULIETTE.
- Ton nom seul est mon ennemi. Tu n'es pas un Montague, tu es
toi-même. Qu'est-ce qu'un Montague ? Ce n'est ni une main, ni un pied,
ni un bras, ni un visage, ni rien qui fasse partie d'un homme... Oh !
sois quelque autre nom !
Qu'y a-t-il dans un nom ? Ce que nous appelons une rose embaumerait
autant sous un autre nom. Ainsi, quand Roméo ne s'appellerait plus
Roméo, il conserverait encore les chères perfections qu'il possède...
Roméo, renonce à ton nom ; et, à la place de ce nom qui ne fait pas
partie de toi, prends-moi tout entière.

ROMÉO.
- Je te prends au mot ! Appelle-moi seulement ton amour et je
reçois un nouveau baptême : désormais je ne suis plus Roméo.

JULIETTE.
- Quel homme es-tu, toi qui, ainsi caché par la nuit, viens de te heurter à mon secret ?

ROMÉO.
- Je ne sais par quel nom t'indiquer qui je suis.
Mon nom, sainte chérie, m'est odieux à moi-même, parce qu'il est pour
toi un ennemi : si je l'avais écrit là, j'en déchirerais les lettres.

JULIETTE.
- Mon oreille n'a pas encore aspiré cent paroles proférées
par cette voix, et pourtant j'en reconnais le son.
N'es-tu pas Roméo et un Montague ?

ROMÉO.
- Ni l'un ni l'autre, belle vierge, si tu détestes l'un et l'autre.

JULIETTE.
- Comment es-tu venu ici, dis-moi ? et dans quel but ? Les
murs du jardin sont hauts et difficiles à gravir. Considère qui tu es :
ce lieu est ta mort, si quelqu'un de mes parents te trouve ici.

ROMÉO.
- J'ai escaladé ces murs sur les ailes légères de l'amour : car
les limites de pierre ne sauraient arrêter l'amour, et ce que l'amour
peut faire, l'amour ose le tenter ; voilà pourquoi tes parents ne sont
pas un obstacle pour moi.

JULIETTE.
- S'ils te voient, ils te tueront.

ROMÉO.
- Hélas ! il y a plus de péril pour moi dans ton regard que dans
vingt de leurs épées : que ton oeil me soit doux, et je suis à
l'épreuve de leur inimitié.

JULIETTE.
- Je ne voudrais pas pour le monde entier qu'ils te vissent ici.

ROMÉO.
- J'ai le manteau de la nuit pour me soustraire à leur vue.
D'ailleurs, si tu ne m'aimes pas, qu'ils me trouvent ici ! J'aime mieux
ma vie finie par leur haine que ma mort différée sans ton amour.

Acte II, scène 2 William Shakespeare Roméo et Juliette.

Tout ça pour dire qu'on est près à tout dans l'amour; renier, son nom, son origine, son éducation, pour l'autre.

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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Mer 25 Fév à 18:37

"Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis
Considérez si c'est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connait pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui pour un non.
Considérez si c'est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu'à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N'oubliez pas que cela fut,
Non, ne l'oubliez pas:
Gravez ces mots dans votre coeur.
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant;
Répétez-les à vos enfants.
Ou que votre maison s'écroule;
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous."

Primo Levi
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MessageSujet: Re: Reprendrez-vous un peu de poésie ?   Aujourd'hui à 13:47

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