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 L'insulaire.

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Nemo
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Localisation : In Pepperland.
Date d'inscription : 08/10/2005

MessageSujet: L'insulaire.   Sam 2 Juin à 22:25

Ce texte à deux ans. Je vous en livre ici une version corrigé il y a peu.
Cette histoire et mi-réel et mi-fantasmer. je vous laisse choisir ce qui est vrais et ce qui ne l'est pas. C'est à la fois un récit du passé, et un récit d'un futur.

Je dédie ce texte à Thomas, à Christophe, à Léa et à Marie, mais aussi à la grand mère de Thomas, à Alexander, à Claude, à Valérie.
Les voyageurs avec qui je suis passé sur cette ile, et avec qui j'espere y revenir un jour.
Je dédie ce texte aussi à Ophélie.
Voyageuse avec qui j'espere passé sur cette ile.




L’insulaire.

La barge s’éloignait déjà de l’embarcadère de Fourras. A l’avant du bateau, le Pierre Loti ; se tenait face à la mer un homme. Plus tout à fait jeune mais pas vieux pour autant. Dos à la côte d’Aunis, le regard bleu acier perdu à l’horizon comme à la recherche de quelque chose. Il était là, appuyé sur sa canne – plus décorative qu’utile – un chapeau de feutre mou enfoncé sur la tête, la visière jusqu’au yeux. Le moteur du navire ronfla et le Pierre Loti prit de la vitesse. Le vent de Charente, léger, caressait le visage de l’homme. Les embruns faisait brillé, avec le soleil d’avril, ses rides naissantes. Face à lui l’océan, étendu d’eau salé gigantesque et en perpétuel mouvement, chose magnifique et destructrice qui avait avalé tant d’hommes. Elle était calme ce jour là, des reflets verts bleus s’y promenaient sous un ciel clair, parsemé de quelques nuages blancs. Et là coincé entre les nuées et la mer, un lambeau de terre : une île. Dernier morceau solide avant le grand Atlantique. Ile minuscule, un petit point sur les cartes. C’est là qu’il allait, sur cette île, encore une fois, une fois de plus, une dernière fois. Le bateau y serait d’ici quelques minutes. Le cœur du vieil homme se mit à battre un peu plus fort en voyant cette terre qui se dessinait sur l’horizon. Son visage s’éclairci, ses yeux s’ouvrir un peu plus. Comme à chaque fois qu’il avait vu cette île, il s’émerveillait, il oubliait tout. Il quittait un monde, qui s’atrophiait dans sa propre image malsaine de trop de raison mal placé, et entrait dans un autre encore rescapé, et posé là hors du temps. Un sourire naquit aux lèvres du vieux voyageur. Il savait déjà ce qu’il allait faire.

Tout à l’heure, il posera le pied à terre, sur le quai de béton. Il respirera l’air iodé du matin d’atlantique à plein poumon, et, commencera à marcher. Il fera sûrement le tour de la pointe Sainte Catherine en suivant les remparts de pierres grises du vieux fort de la rade, il marchera lentement, en profitant pour regarder tout ce qu’il connaît déjà dans ses moindres détails. Il arrivera au pied du phare. En contre bas, à quelques mètres, il y aura la plage de l’anse de la croix. En cette saison, elle sera encore vierge des pas des touristes. Il passera sur le sable laissant derrière lui les traces de ses pieds, gravés jusqu'à la prochaine marée. Il arrivera jusqu’à l’imposante vieille porte de pierre, gardienne de la plage. Il se souviendra de cet été, ou là, assit sur les montants de pierre de cette ancienne fortification de trois ou quatre mètres de haut, il écoutait longuement la guitare d’un ami, au début d’une nuit éclairé des étoiles et de la lune.
Après la porte, il arrivera place d’Austerlitz, et là, à sa droite il verra apparaître la vieille grille bleu clair un peu rouiller par l’air marin. Derrière il regardera le jardin de la Maison Familial, l’un des rares lieux d’hébergement de l’île. C’était ici qu’il était venu loger à chacun de ses séjours. Des chambres sans luxe, mais confortable et des espaces commun comme les cuisines, lieu de rencontre des vacanciers insulaire pour quelques jours. La canne à la main, le vieil homme, entrera, seul cette fois-ci. Il demandera sa chambre préféré, ce n’était pas là mieux, mais c’est là qu’il avait le plus de souvenir. Il posera ses quelques affaires sur le lit et il ira au village, petit village typique des îles de Charente, avec ses petites maisons aux volets bleus et aux tuiles provençales. A cette période de l’année, il n’y a encore qu’une centaine d’habitants. Rue Gourgaud, il s’arrêtera à l’épicerie pour acheter de quoi manger le soir, puis il ira louer un vélo, la circulation automobile étant réduite au minimum pour préserver l’île. Montant sur sa bicyclette il partira, par le quai aux vivres. Puis passant par la porte en pierre près de l’église, où raisonne encore des chants venus de la terre et qui touche le ciel, il quittera le village fortifier. Il roulera a petite vitesse en respirant, en regardant ce paysage qu’il avait vu pour la première fois bien des années auparavant, qu’il avait déjà vu si souvent. Mais il redécouvrait toujours avec le même émerveillement, les pins maritimes, les herbes hautes, les plages et les parcs à huîtres, les cabanes de pécheurs, les petits chemins et le silence troublé par le chant du vent salé. Le vieil homme se rappellera l’époque où ils faisaient la course ensemble sur ces sentiers. Seul, cette fois, il ira doucement, il ira du bois Joly, aux Ormaux, il passera par le Grand Chemin s’arrêtera peut être au cimetière. Peut être même se souviendra t-il des récoltes des mûres sauvages sur les bords des chemins. Il passera encore par le Marais puis il reviendra vers Fort Liédot, et enfin, suivant la côte rocheuse, il cherchera une petite crique au paysage presque méditerranéen, c’est là qu’il venait certains soirs d’été au soleil couchant, à deux, enlacé, sur le sable. Il restera sûrement de longues minutes sur cette plage, perdu dans ses pensées, revivant des choses passées. Il finira par rentrer au village, passant cette fois par la porte du Moulin et par la rue des remparts ou par la rue Napoléon, où il saluera de la main la demeure d’un jour d’un grand homme. Il passera au pied du sémaphore et ce sera sûrement déjà l’heure du dîner. Il préparera son repas et mangera tout seul. Dans sa vieille tête, couverte de cheveux blanc et grisonnant, il reverra défiler les repas mémorable où ils étaient tous réunis autour de la table. Les conversations allaient bon train, les rires fusaient. Parfois une guitare surgissait de sous la table et tout le monde chantaient. Peut être aussi se souviendra t-il des barbecues improvisés sources des extraordinaires fou rire. Puis le repas fini, il ira prendre une douche. Les douches étaient comme les cuisines des espaces à se partager, elle fonctionnaient et fonctionne toujours avec des jetons. Là aussi il y avait des nombres souvenirs, des éclats de rires, des insultes contre l’eau froide, et puis des soupires et l’année d’après des jeux d’enfants.

Il sortira ce soir, rue Marengo, là ou il y avait le Rex, le petit cinéma de l’île. Petite salle dont les sièges ne sont même pas fixés. Presque tout les soirs à la belle saison un employé municipale se faisait technicien projectionniste et passait un film. Le voyageur aux yeux bleu gris, en avait vu des films ici, des bons et des mauvais, des drôles et des tristes, des banalités et des œuvres. Mais aucun film ne pouvait remplacer ces conversations interminables qui duraient jusqu’au cœur de la nuit. Sur cette île, ils façonnaient leur monde, ils étaient tout à la fois, penseurs et rêveurs. Jamais la vie ne lui paru plus vrais que ces soirs là. Jamais il n’eu l’esprit plus illuminé qu’a ces instants, jamais il ne sentit autant le temps s’arrêter. Figé sa course et lui offrir les milles émotions et sensations que l’on récent quand on vie vraiment.

Il ne serait pas trop tard quand l’homme et ses centaines de souvenirs sortiront du cinéma, et marchant la canne à la main, il ira jusqu'au phare blanc et rouge. Il s’assira, face à la mer, au loin il distinguera la lumière blanche qui guide les marins, passant dans le ciel, lentement, comme un oiseau de nuit. Et bercer par les flots de la mer venant mourir sur les rochers. Il fermera les yeux, adossé au phare, il pensera. A cette île qu’il a connu pour la première fois il y a longtemps déjà, il pensera. Au gens avec qui il était passé sur cette île. Les amis, ceux qui contre tous les vents et toutes les marées du temps étaient restés des amis. Il pensera, simplement à sa vie, à la douce mélancolie qui flotte parfois dans l’air, comme une saveur de joie sortis de quelques cuisines de l’amitié, ou se concocte les plus belles histoires. Il pensera, aux belles années qui sont déjà partis mais dont il a tant profité. Il pensera à tous les rêves accomplit, il pensera à une vie qu’il espère avoir bien remplit. Un jour il mourra et alors ce soir là, le vieil homme, au pied du phare, s’endormira. Un œil sur Fort Boyard, une pensée pour Napoléon, le cœur pour ses amis. Et dans la nuit fraîcheur d’avril, il partira voir si la haut chez Saint Pierre, il y a des îles comme celle là : Comme l’île D’Aix.

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