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 Hitler et la musique des "sous-hommes"

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Nemo
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MessageSujet: Hitler et la musique des "sous-hommes"   Sam 11 Aoû à 18:18

Article lu dans le courrier international.

La fille d'un officier de renseignement soviétique vient de révéler au magazine allemand Der Spiegel un secret de famille : la collection de disque d'Adolf Hitler, dérobée par son père en 1945. Surprise : du fond de son bunker, le "Führer" écoutait Tchaïkovsky.

L'histoire ressemble à celle d'Ali Baba et les quarante voleurs. Un jour de mai de 1945, dans un Berlin en ruines, le capitaine Lev Besymenski, officier du renseignement, est chargé d'inspecter la Chancellerie, détruite deux jours plus tôt, et le bunker dans lequel la vie d'Adolf Hitler a pris fin. Il examine soigneusement les lieux pendant plusieurs heures puis l'officier responsable lui demande ce qu'il veut emporter comme souvenir. Besymenski se remplit une caisse et la rapporte par la suite à Moscou. 46 années passent.

Par une belle journée d'été de 1991, la famille reçoit quelques amis dans sa datcha des environs de Moscou. Alexandra, la fille du capitaine, monte au grenier chercher des raquettes de badminton. Il fait sombre, elle se cogne le tibia contre quelque chose de dur. C'est une pile de disques qui portent une vignette carré sur lequel elle lit avec stupéfaction "quartier général du Führer." Elle redescend avec sa trouvaille et demande des explications à son père. Celui-ci élude la question. Probablement parce que Besymenski, qui est devenu historien et professeur à l'Ecole Militaire de Moscou craint d'être accusé de pillage.

Aucun des ouvrages qu'il a écrit sur Hitler n'évoque ce qu'il a rapporté de Berlin en 1945 : une centaine de disques noirs, une partie de la collection de disques du quartier général du Führer. Il était certes courant à l'époque que les vainqueurs rapportent quelques souvenirs à la maison mais certains avaient exagéré ce qui avait provoqué quelques scandales. Besymenski s'était contenté lui de prendre à la Chancellerie de quoi satisfaire sa passion. L'homme était mélomane et fréquentait souvent le Conservatoire de Moscou avant la guerre. Il est mort en juin de cette année à l'âge de 86 ans. Ce n'est que la semaine dernière que sa fille Alexandra a montré les fameux disques au Spiegel. Certains sont rayés, d'autres cassés, mais la plupart sont en bon état. Le premier coffret ne contient rien de surprenant : les sonates pour piano opus 78 et 90 de Beethoven, par exemple, ou l'ouverture du Vaisseau fantôme de Wagner.

Hitler, outre l'architecture, s'intéressait à la musique. Quand il était à Vienne, il se rendait pratiquement chaque jour à l'Opéra pour entendre du Beethoven, du Wagner, du Liszt ou du Brahms. Mais pour lui, seule comptait la musique allemande. La collection récupérée par Besymenski contient pourtant des œuvres de compositeurs issus de peuples que les nazis considéraient comme des "sous-hommes" - par exemple les Russes Tchaïkowski, Borodine et Rachmaninov.

La référence "quartier général du Führer 840", par exemple est un enregistrement Electrola pour "Basse en russe avec orchestre et chœur" de la mort de Boris Godounonv, de Moussorski, chanté par Fédor Chaliapine. Une autre coffret ne contient que des œuvres de Tchaïkovsky, avec le célèbre violoniste Bronislav Huberman, un juif polonais, en soliste. "Quelle affreuse ironie, commente avec chaleur Alexandra Besymenskaia. Des millions de Slaves et de juifs sont morts à cause de l'idéologie raciale des nazis."

Hitler, à la période où il s'isolait de plus en plus et n'apparaissait pratiquement plus en public, se détendait manifestement en écoutant des disques. Et là, le fanatique n'était plus très regardant sur les compositeurs comme sur les interprètes. Besymenski, qui est lui-même juif, s'étonnait du nombre de Russes célèbres qu'il découvrait sur les disques du bunker. "C'étaient des enregistrements de musique classique, interprétés par les meilleurs orchestres d'Europe et d'Allemagne et les meilleurs solistes de l'époque…Ca m'a surpris de voir qu'il y avait aussi de la musique russe", écrivit l'historien il y a trois ans quand il se décida, sous la pression de sa fille, à confier à la postérité comment il était entré en possession de cette collection.

Les Américains avaient eux aussi découvert une quantité de disques en 1945, dans une grotte du Berghof. L'historien Phillip Gassert, de l'université de Heidelberg, en a eu quelques uns entre les mains quand il faisait des recherches aux Etats-Unis. Ils portaient aussi de petites vignettes perforées semblables à celles qui figurent sur les disques rapportés par Besymenski. Lev Besymenski écoutait les disques nazis avec ses meilleurs amis et les prêtait parfois à des musiciens, le chef d'orchestre Kyrill Kondrachine par exemple, ou les célèbres pianistes Emil Guilels et Jacov Zak.

Alexandra Besymenskaia compte réfléchir tranquillement à ce qu'elle va faire de la collection de son père, peut-être "autour d'un verre de vin." C'est le titre d'une chanson de soldat mise en musique par Franz Abt, qui fut directeur musical du théâtre de Brunswick au XIXe siècle. Le disque porte la référence "quartier général du Führer 779."

Georg Bönisch, Matthias Schepp
Der Spiegel





L'art au dessus des fanatismes ?
Hitler dans la contradiction ?
en tout cas un article intéressant.

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Toutenkarton
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MessageSujet: Re: Hitler et la musique des "sous-hommes"   Mer 15 Aoû à 17:30

Tant que nous sommes dans le nazisme et son influence sur le monde moderne, un autre article du site du courrier international:

Urbanisme "nazi" à Pékin

Dans les années 1930, au moment des Jeux olympiques de Berlin, Albert Speer avait tracé les plans d'une capitale allemande à la mesure du délire nazi. A un an des JO de Pékin, son fils travaille à un grand projet de réaménagement de la capitale chinoise. Le parallèle n'a pas échappé au quotidien espgnol El Mundo.


La prochaine capitale olympique, Pékin, veut donner une diffusion universelle à un processus de métamorphose urbaine qui, à en croire ses dirigeants, mettra la ville au même rang que le Brasília d'Oscar Niemeyer et le Paris d'Haussmann. Le problème est que le Pékin du XXIe siècle va apparemment ressembler davantage au Germania qu'Hitler voulait faire de Berlin.

La première chose que les deux projets ont en commun saute aux yeux : ils portent la même signature, celle d'Albert Speer, nom doté de deux propriétaires, le père et le fils, qui ont également la même profession. Le premier s'est rendu célèbre pour avoir été l'architecte favori du Führer et le créateur des décors nazis. Son plan pour Berlin (un axe central d'avenues grandiloquentes, d'arcs de triomphe et d'édifices à la gloire du Reich) n'a pas dépassé l'état de maquette de "nouvelle Rome d'un nouvel empire". Jugé à Nuremberg, Speer a été condamné à vingt ans de prison pour avoir fait travailler des milliers de prisonniers dans l'industrie de la guerre. Il est mort à Londres en 1981, repenti et relativement réinséré.

Le second, Albert Speer fils, est un urbaniste allemand réputé malgré le lourd héritage familial. Il a depuis plusieurs années pignon sur rue à Francfort et à Shanghai, où il a été chargé par les autorités chinoises de faire de Pékin quelque chose de similaire à ce que son père avait imaginé pour Berlin. Sa mission : ouvrir un couloir reliant le village olympique à la nouvelle gare ferroviaire implantée dans le sud de la capitale, soit un axe de plus de 8 kilomètres, qui sera jalonné par les édifices politiques et religieux les plus représentatifs de l'ancienne capitale impériale, la Cité interdite, la place Tian'anmen et le Temple du ciel.

"Son axe pékinois réveille de vieux souvenirs", a commenté l'hebdomadaire allemand Die Welt. "Le fils est-il en train d'imiter le père, ou de le dépasser ?" Certains rappellent également que les projets de ce type, qui requièrent l'expulsion de milliers d'habitants, ne sont possibles que sous des régimes totalitaires. Ce que confirment certains calculs, selon lesquels 1,5 million de Pékinois ont déjà été délogés pour faire de la place au projet olympique.

Les deux Speer n'ont jamais été très proches, même après la sortie de prison du père en 1966. Le fils a toujours dû se battre avec l'ombre de son géniteur, surtout dans son pays. Lorsqu'il a gagné son premier concours, dans le sud de l'Allemagne, et que le jury a annoncé son nom, le public n'en a pas cru ses oreilles : "Speer ? Je croyais qu'il était en prison !" s'était exclamé quelqu'un.

"Les comparaisons sont inévitables", a déclaré Speer fils au New York Times en 2003. D'autant que le père et le fils sont unis par un autre lien olympique : le premier a conçu la Zeppelintribune de Nuremberg, une esplanade utilisée pour les défilés militaires et dont Hitler voulait faire le siège de ses futurs Jeux aryens. "Mes plans n'ont rien à voir avec les siens, répond le fils. J'essaie de transporter dans le futur une ville vieille de deux mille ans. Le Berlin des années 1930 n'était qu'un projet mégalomane."


Aritz Parra
El Mundo
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